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Eurodata TV Worldwide
Rentrée 2017 - Des contenus innovants et des stratégies dynamiques dans un univers 4 écrans
03/10/2017

Des programmes TV teintés de nostalgie, ouverts sur le monde ou encore propices à l’évasion, voici 3 des grandes tendances mondiales du premier semestre 2017, identifiées et présentées par Eurodata TV Worldwide et Tape Consultancy lors d’une conférence qui s’est tenue hier à Londres. En parallèle, les diffuseurs développent des stratégies de diffusion de plus en plus originales et « à la carte », en réponse aux attentes de téléspectateurs toujours plus connectés et souhaitant pouvoir regarder les programmes de télévision comme ils l’entendent.

Le monde en route vers la TV 4 écrans

Avec une durée d’écoute moyenne de 3h48 par jour et par personne au 1er semestre 2017 dans les 5 « principaux » pays d’Europe (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie), le téléviseur reste incontestablement l’écran privilégié pour regarder des programmes. Toutefois depuis quelques années, les écrans internet rencontrent un succès croissant dans la consommation du media TV.

Ainsi à travers le monde, de nouveaux usages s’installent et déjà 4 pays prennent en compte l’ordinateur, le téléphone mobile et la tablette dans leur mesure de l’audience des contenus audiovisuels : la France, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark. Ces 4 pionniers devraient être rejoints en 2018 entre autres par le Japon, la Norvège, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, Singapour, la République Tchèque, l’Italie et la Malaisie.

« Regarder des programmes de télévision sur les écrans internet est une pratique qui se généralise et qui peut représenter une audience additionnelle substantielle pour certains contenus, comme des fictions ciblées ou des divertissements dédiés aux jeunes adultes, et ce dans les grands pays européens », constate Frédéric Vaulpré, Directeur d’Eurodata TV Worldwide. « Le sport, roi de la consommation TV en live, confirme son attrait par des performances toujours aussi élevées. Il attire aussi son public de catch-uppers lorsque le décalage horaire est important », ajoute t-il. Les diffuseurs l’ont compris et adaptent leur stratégie à cette évolution des pratiques.

A chaque écran son public et son usage

Pour regarder des programmes TV, l’ordinateur est l’écran n°1 après la télévision : en France, il représente 52% de la consommation de programmes TV sur internet. Cependant, smartphone et tablette sont parfois privilégiés : par les plus jeunes, pour certains genres de programmes ou encore à des moments de la journée bien particuliers.

Ainsi, en France par exemple, les téléspectateurs utilisent en priorité le smartphone pour regarder en ligne les programmes de la chaîne W9, destinés aux jeunes adultes. Les plus petits, eux, choisissent la tablette pour voir ou revoir leurs dessins animés préférés sur Gulli, une chaîne pour enfants.

Si la courbe de consommation des programmes sur les écrans internet suit globalement la courbe d’audience live TV des programmes, les téléspectateurs ne vont pas utiliser les mêmes écrans en fonction du moment de la journée. Entre 6H et 7H, la tablette est devenue en France le premier écran online pour regarder la TV sur internet, quand l’utilisation du téléphone mobile se renforce dans la soirée.

Par ailleurs, certains genres de programme sont particulièrement regardés en délinéaire et/ou sur les écrans internet. Pour les fictions par exemple, cette consommation apporte une audience additionnelle substantielle. Ainsi, la nouvelle série française Demain nous appartient diffusée cet été sur TF1, a attiré 36% de téléspectateurs supplémentaires grâce au différé, au replay et aux écrans internet. Il en va de même pour la série néerlandaise Goede tijden, slechte tijden ; les épisodes diffusés entre janvier et août 2017 sur RTL4 ont conquis près de 20% de téléspectateurs supplémentaires en plus des diffusions live.

Les nouveaux usages, lorsqu’ils sont inclus dans la mesure TV 4 écrans, permettent d’appréhender une audience supplémentaire et donc de réaffirmer le pouvoir des contenus TV. Un enseignement qui devrait continuer d’alimenter les stratégies de diffusion des chaînes.

Des stratégies innovantes pour les chaînes traditionnelles et les nouveaux acteurs

Dans un environnement où les nouveaux usages prennent une place de plus en plus significative, les diffuseurs de contenus TV sur le web et notamment les pure players deviennent de sérieux concurrents des chaînes payantes. Certains pure players proposent maintenant des packages de chaînes dans leurs offres SVOD (Service de vidéos à la demande par abonnement). C’est le cas par exemple au Royaume Uni, en Autriche et en Allemagne, d’acteurs comme Amazon Prime Instant Video (déjà présent aux USA), ou encore de Playstation Vue aux Etats-Unis, qui surfent sur leur notoriété pour attirer des téléspectateurs sur la toile. Parallèlement, les diffuseurs de contenus historiques comme HBO ou Canal+ affinent leur modèle économique et pratiquent des offres tarifaires en ligne de plus en plus compétitives. Elles permettent au spectateur de combiner les contenus en ligne de son choix et de créer sa propre TV, à moindre coût.

Outre ces nouveaux modèles économiques, les chaînes ont développé des stratégies digitales innovantes pour diffuser leurs programmes : elles peuvent casser la chronologie de diffusion habituelle en commençant le cycle d’un programme par une diffusion web ou SVOD par exemple. Elles ont également lancé des pop up channels (chaînes éphémères), dont la durée de vie est fonction des évènements auxquels elles sont dédiées. Il existe aussi des nouveaux formats de story-telling, à l’image de NBC Left field, la plateforme, américaine de documentaires courts, relayée sur Facebook, Instagram et YouTube et qui invite le vidéo journalisme dans la stratégie digitale des diffuseurs historiques.

Des contenus TV très « tendance »

Avec près de 6 000 nouveaux programmes récurrents lancés depuis le début de l’année, dont 52 % de créations originales, l’industrie TV démontre à nouveau son dynamisme. Qu’il s’agisse de fictions, de factuels ou de divertissements, ces nouveaux programmes s’inscrivent pour la plupart dans 3 grandes tendances :

  • Se souvenir du passé et aller de l’avant
  • S’ouvrir au monde d’aujourd’hui
  • S’évader (dans tous les sens du terme)

Plusieurs fictions se déroulent ainsi dans la période des 30 glorieuses, une époque faste souvent perçue avec nostalgie. Dans House of Bond (Australie) par exemple, on suit la vie d’un riche homme d’affaires depuis les années 60 à nos jours. Les programmes factuels font également appel au passé : The Keepers (Netflix) raconte l’histoire d’un meurtre non élucidé depuis 1969 tandis que le documentaire GW’S Murders revient sur les cas les plus célèbres rencontrés par un criminologue suédois. Enfin, on assiste à un retour en force de divertissements passés, remixés au goût du jour : c’est le cas des jeux Sarabanda en Italie ou De 3 Wijzen en Belgique, de nouveau à l’antenne après plus d’une décennie d’absence.

Les nouveaux programmes TV lancés en ce premier semestre 2017 font aussi, quel que soit leur genre, la part belle au présent et à l’avenir. « Les créateurs puisent leur inspiration dans un monde en perpétuel mouvement, avec des enjeux politiques et militaires inédits, des bouleversements technologiques et des avancées scientifiques qui ouvrent de nouvelles perspectives à titre individuel ou collectif », explique Florent Carême, Directeur du Pôle Etudes d’Eurodata TV Worldwide. Parmi les programmes révélateurs de cette tendance, des fictions : Börü en Turquie et Al hala Geem en Egypte traitent ainsi des évènements politiques qui ont marqué l’histoire récente de ces 2 pays. Du côté du factuel, on se tourne vers l’avenir avec des documentaires comme In Search Of Artificial Intelligence (Chine) ou Meine Lezte Chance (Autriche). On s’intéresse également aux nouveaux modes de consommation et d’échange avec un divertissement comme Hyori’s B&B (Corée du Sud).

La télévision représente depuis toujours un excellent moyen de s’éloigner de son quotidien et de découvrir d’autres cultures. Cette année, les créations originales proposent souvent de sortir de la routine, à travers des voyages ou en dévoilant la vie de célébrités ou de personnalités excentriques. Par exemple Deception (Etats-Unis) est une fiction centrée sur un illusionniste qui se sert de ses talents pour aider la police et Break Out (Pays-Bas), un « escape game » avec des candidats célèbres. Enfin le documentaire Vores ukentde Danmark mixe voyages et célébrités pour offrir une évasion maximale à ses téléspectateurs.

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Isabelle LELLOUCHE FILLIAU
Responsable des Relations Extérieures
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